Un souffle violent, un vide signifiant, un son qui transperce le monde, l'esprit, l'âme, déchire tout cela en un éclat verdâtre, moisi, et, on espère, de la pourriture renaitront les roses, si rares, précieuses, dans un monde déchu, défoncé, détruit, rongé par l'anxiété et l'hypocrisie malsaine, dévastatrice, mais comment passer outre, on ne peut pas, on ne peut plus, sommes nous réellement tous foutus, aha, cela me ferait bien marrer, des vies gâchées, un monde gâche, un vieux coup d'essai rayé de la carte par un souffle divin, mais il y a l'art, et rien que pour ça, le monde mérite sa vie.
Boum... vide, reprise, violente, et on écrit, et la musique qui envoie, envoie, envoie, la basse, la vie, et les sons ajoutés, l'inconstance irrégulière de l'onde chatoyante sur la mer dorée, une vague sentimentalement impure et vaine... Un début, calme, et une montée, une explosion, du sang, des massacres, pourquoi faire, on ne sait pas, mais on continue, on tue, on continue, on massacre, et on aime ça, c'est dans la nature. Stop. Reprise à zéro. Calme. But tonight... Go ! Ça avance, persiste dans l'esprit, l'incorpore, le malaxe, le prend pour mieux le retourner, le défoncer, et on aime ça.
Alors l'esprit sors de ton corps, et même sans drogues c'est l'extase. La basse te fait penser au c½ur de ta mère et tu kiffes, et tu kiffes. Petite descente... le calme avant la tempête, je suppose. Des pistes s'ajoutent, et MONTEE !!!! DUN DUN DUN DUN DUN LE SON REPREND, ENVAHI CORPS ET AMES, LIBERE DE TOUT, DE TOI, DES GENS QUI T'ENTOURENT.
Sans ça, rien n'est possible. Sans ça, rien n'existe vraiment. Sans ça, rien n'est envisageable, il n'y a que ça, c'est la motivation, le but, et la finalité.
La partie devient aérienne, tu te connectes à la noosphère autour de toi, et évidemment, tous les esprits sont d'accord: BOUGE. BOUGE.
C'est l'orgasme. L'orgasme auditif tout du moins, tu souris, sans savoir vraiment pourquoi, mais tu es heureux et tu le sens bien. Et tu te lances.
Dans
Le
Vide...
Un grand saut... On tombe... Pour ne plus jamais réaterrir.
Les visages se déforment et le paysage aussi, tant qu'à faire. Tout fait partie de la même perspective. Tout est un, un devient tout. Et le un, tu te rends compte que c'est toi. Alors tu vis ca comme un enfant voit une lampe s'allumer pour la première fois. You are in the shit ? Ben tiens, c'est ce qu'ils disent en te voyant de l'extérieur. Mais personne n'est assez bon pour capter ce qui se passe derrière tes yeux. C'est les couleurs, le rythme et le mouvement.
Alors, tu vis le son.
Ton c½ur s'adapte au beats lancés, ta mémoire ne fonctionne plus que pour le présent. Et tu kiffes, et tu kiffes.
Sans jamais d'interruption possible ou envisageable. Juste le son. L'art. Je vis. Pour l'art. A travers l'art. Sans ça, je ne suis rien. Tu vis. Le son.
Qui s'éteint ? Merde, ça a si bien commencé.
Tu te retournes, voit un inconnu.
« Hoffman.
T'inquiète. »
Et tu replonges.
A jamais... et repousse les bouées qui veulent te sortir de ton orgasme.
A jamais.
Mister X & Kid Icarus.